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Croissance


sara95

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Posté(e)

bonjour, je dois faire une dissert dont le sujet est : le progrés technique est il source de croissance et d'emplois?

voici mon plan

1/ progrés technique engendre croissance et emploi

a) engendre croissance

b)engendre emplois

2/mais relation limité

a)limité au niveau de la croissance

B) au niveau de l'emploi

j'ai beaucoup de mal à faire le a)du 2/ : je suis vraiment bloqué ici et je dois le rendre demin

merci de m'aider

Posté(e)

ton plan me parait tres correcte, il reprend bien les éléments importants.

j'ai trouvé quelques info pour toi.

j'espere que cela te servira

Croissance Fordiste : C’est une croissance qui a su allier une production de masse avec une consommation de masse (transformer une hausse de la productivité en une hausse de la consommation). Cette caractéristique est due au rôle régulateur joué par l’État à travers les politiques publiques (politique sociale, politique budgétaire, etc…).

> Un des effets du progrès technique, c’est de produire des gains de productivité. Ces gains de productivité vont impulser de la croissance économique à travers différentes voies, à travers différents canaux.

> Tout d’abord, les gains de productivité permettent d’abaisser les coûts unitaires moyens (CUM). Si cette baisse n’est par répercutée sur le prix de vente, on se retrouve face à un surcroît de valeur ajoutée. Ce surcroît de valeur ajoutée issu des gains de productivité peut être partagé entre les salariés (sous forme d’une augmentation des salaires) et les patrons (sous forme d’une augmentation de des profits – EBE). Dans le second cas, ceux sont les investissements qui risquent de progresser. En effet, des profits élevés sont synonymes d’une bonne rentabilité des investissements et une rentabilité élevée incite plus à investir qu’à placer. Ensuite, des profits importants permettent aux entreprises de pouvoir financer plus facilement leurs investissements en utilisant l’autofinancement. Cette hausse globale des investissements va être génératrice de croissance économique à travers la notion d’effet multiplicateur. En effet, une augmentation initiale de l’investissement va avoir un effet plus que proportionnel sur la croissance.

> Si la baisse des coûts unitaires moyens est répercutée sur le prix de vente, le pouvoir d’achat des ménages s’accroît et la demande interne s’élève, ce qui va stimuler la croissance économique.

> Mais cette baisse des coûts unitaires moyens peu aussi servir à abaisser le prix des biens exportés. Cette amélioration de la compétitivité / prix à l’exportation va permettre aux entreprises de gagner des parts de marché à l’étranger (dans les NPI ou au Japon par exemple). Elles vont exportées plus et donc produire plus.

> Si le surcroît de valeur ajoutée ne s’accompagne pas d’une hausse des profits, ce sont les salariés, sous forme d’une augmentation des salaires, qui vont profiter des richesses crées. Mais pour que les gains de productivité se transforment en une hausse des salaires, il faut soit que le rapport de force soit favorable aux salariés (comme dans les années 70 où les salariés obtiennent l’indexation des salaires sur les prix), soit que l’État intervienne pour imposer des règles (relever le niveau du SMIC par exemple). Si les gains de productivité se transforment en une hausse des salaires, cette augmentation des revenus va avoir un effet sur la demande interne (à travers une hausse de la consommation) et donc sur la production (croissance économique).

> La dernière voie fait intervenir la notion de recettes et de dépenses publiques. L’augmentation des salaires et /ou des profits va avoir pour conséquence une hausse des impôts et des cotisations, et donc une hausse des recettes des administrations. L’État peut utiliser ce surcroît de richesses pour se désendetter ou pour réduire son déficit budgétaire. Mais il peut également profiter de ce surcroît de richesses pour investir (achat de capital fixe), ce qui va stimuler la demande et donc la production (pour satisfaire cette demande). L’augmentation des recettes publiques est donc également à l’origine de la croissance économique.

Quels sont les effets du Progrès Technique sur l’emploi ?

Le Progrès Technique, que l’on peut représenter comme l’ensemble des innovations qui modifient les processus productifs, est depuis longtemps l’objet de fortes inquiétudes. Lors du développement de la Révolution Industrielle, la mécanisation provoque d’importants rejets de la part du mouvement ouvrier (Luddisme en Angleterre, Canuts lyonnais en France…). Au début du siècle, l’introduction du Taylorisme et du Fordisme se heurte à de vives contestations syndicales. Aujourd’hui encore, ces craintes sont ravivées par l’extension des nouvelles technologies. Pour un bon nombre de nos contemporains, c’est d’ailleurs dans le développement sans cesse croissant du Progrès Technique qu’il faut chercher la cause du chômage actuel.

A coup sûr le Progrès Technique entraîne des bouleversements profonds dans l’organisation des systèmes productifs et jusque dans nos vies quotidiennes. L’usine automobile du Troisième Millénaire n’a guère à voir avec celle du début du siècle. Les objets qui nous entourent ne cessent d’évoluer. Des métiers disparaissent, d’autres qui n’existaient pas il y a seulement quelques années sont en pleine expansion. Même les métiers les plus traditionnels (cultivateurs, éleveurs…) sont transformés par l’arrivée des mutations technologiques. Comment interpréter ces mutations ? Quelle action le Progrès Technique a t-il sur l’emploi ? Est-il destructeur d’emplois ? Les déqualifie-t-il ou bien les rend-il de plus en plus complexes au fil du temps.

Pour essayer de répondre à toutes ces questions nous analyserons dans un premier temps les effets quantitatifs du Progrès Technique sur l’emploi, puis dans une seconde partie son impact plus qualitatif.

Les effets du Progrès Technique s’avèrent contraster selon que l’on prend en compte les effets directs ou indirects.

Dans de nombreuses situations, le Progrès Technique détruit des emplois.

[Pourquoi les innovations de procédé peuvent-elles entraîner des effets négatifs sur le volume de l’emploi ?] Le Progrès Technique, lorsqu’il prend la forme d’innovations de procédé (Taylorisme, Fordisme, Toyotisme…) se traduit le plus souvent par une augmentation de la productivité. Réciproquement, les gains de productivité constituent un indicateur classique du Progrès Technique. Or, gagner en productivité c’est par définition produire plus en utilisant moins de facteur de production (travail ou capital). En ce qui concerne l’emploi, si grâce au Progrès Technique il est possible de créer d’avantage de valeur ajoutée en consommant moins d’heures de travail, on débouche automatiquement sur des destructions d’emplois. C’est même le but recherché par les innovateurs.

Le Progrès Technique, lorsqu’il prend la forme d’innovations de produits (nouveaux bien ou services) se traduit parfois par la disparition de biens anciens. Ainsi, lorsque l’énergie nucléaire se substitue au charbon, il faut bien fermer les mines, et les emplois liés à ces activités disparaissent. Lorsque la télévision se démocratise, les salles de cinéma ferment et des emplois sont supprimés.

Mais le Progrès Technique est aussi créateur d’emplois.

[Expliquer précisément le sens de la phrase : « le Progrès Technique a une action sur l’offre par le biais des gains de productivité »]. Le Progrès Technique se traduit le plus souvent par des gains de productivité. Ces gains de productivité permettent de baisser les coûts unitaires moyens. Si cette baisse est répercutée sur les prix de vente, le pouvoir d’achat des ménages augmente et la demande s’élève, ce qui stimule la croissance économique et à terme l’emploi. Cette baisse du coût unitaire moyen peut aussi servir à l’abaissement du prix des biens exportés, favorisant ainsi la demande extérieure, la croissance et l’emploi. Enfin, le surcroît de valeur ajoutée issu des gains de productivité peut être partagée entre les salariés (augmentations salariales) et les patrons (hausse des profits). Dans le premier cas, la demande va s’accroître, et dans le second cas, les investissements risquent de progresser. La consommation globale va donc s’élever, favorisant ainsi la croissance et l’emploi. > Voir Schéma de la croissance Fordiste.

[Pourquoi les innovations de produits peuvent-elles entraîner des effets négatifs sur le volume de l’emploi ?] Les innovations de produits sont elles aussi créatrices d’emploi, comme le rappelle Alfred Sauvy dans sa « théorie de la compensation ». Il faut en effet du monde pour fabriquer les nouveaux biens et services, les nouvelles machines. Les emplois de mineurs ont disparus mais EDF et GDF emploient aujourd’hui près de 160.000 personnes.

Laquelle de ces deux tendances l’emporte ?

Pour l’essentiel, on peut dire que tout va dépendre de l’intensité de la croissance économique. Lorsque les gains de productivité issus du Progrès Technique ne s’accompagnent pas d’une forte croissance économique, il s’ensuit des pertes d’emplois importantes. La situation de l’Union Européenne entre 1986 et 1996 illustre bien cette situation. Alors que les gains de productivité sont quasiment constants durant ces onze années (environ 2% en moyenne et par an), la première période, la période 1986-1990, est marquée par une forte croissance économique (3,2% en TCAM) et s’accompagne d’une forte progression de l’emploi (+7,2% au total). La seconde période, où la croissance du PIB est deux fois moins importante, laisse place à une forte diminution du niveau de l’emploi (-3% au total). L’intensité du Progrès Technique n’est donc pas en soit un facteur déterminant pour expliquer les variations de l’emploi. Des périodes où la productivité progresse fortement peuvent se traduire par de massives créations d’emplois. C’est donc beaucoup plus dans la capacité des nations à « créer » de la croissance économique et à gérer au service de l’emploi les gains de productivité que réside la clef explicative des relations entre le Progrès Technique et l’emploi.

Le Progrès Technique a donc des effets contrastés sur le volume de l’emploi, le bilan final étant largement dominé par le contexte économique et politique dans lequel il s’insère. Mais l’impact du Progrès Technique ne se limite pas au volume de l’emploi, car il affecte également la nature des emplois.

Le premier effet du Progrès Technique sur la transformation de la nature des emplois concerne les mutations sectorielles de l’emploi. Tous les pays développés ont connu depuis le 19ème siècle un basculement progressif de leurs emplois du secteur primaire au secteur secondaire puis aujourd’hui un développement des emplois du secteur tertiaire. Ce point de vue a été mis en évidence par Alfred Sauvy dans sa thèse du déversement. L’abaissement des coûts de production dans l’agriculture a permis de déverser une partie du pouvoir d’achat des ménages dans la demande de biens manufacturés, ce qui a constitué un puissant facteur de développement de la demande de biens manufacturés et par conséquent des emplois industriels. L’élévation continue du niveau de vie permet aujourd’hui l’accès à des services de plus en plus vastes. Cette nouvelle demande est créatrice d’emplois à tel point que le secteur tertiaire regroupe 70% du total des emplois en France. La structure des emplois s’est donc profondément transformée en l’espace de 50 ans, comme en témoigne l’évolution de la structure des PCS.

Le Progrès Technique a également pour effet de modifier les qualifications des emplois. La structure des emplois se modifie et les emplois les plus qualifiés se développent. Ainsi, entre 1982 et 1995, les PCS qui regroupent les professions les plus qualifiées n’ont pas cessé d’augmenter. Les cadres ont vu leur effectif s’accroître de plus de 1 million de personnes (1.061.000), et les professions intermédiaires de 628.000 personnes. A l’inverse, les PCS regroupant les professions les moins qualifiées, comme celle des ouvriers, ont subi de véritables hémorragies d’emplois (moins 1.094.000 postes). Mais ce n’est pas seulement la qualification des emplois qui a progressé, c’est aussi la qualification individuelle. L’augmentation de la population active de près de 1.500.000 personnes traduit en fait une élévation patente du niveau de qualification des actifs. En effet, « disparaissent » 3,5 millions de personnes sans diplômes au profit de 2.257.000 personnes diplômées de l’enseignement supérieur et de 700.000 personnes possédant le baccalauréat. On observe ce même phénomène à l’intérieur des PCS. L’essentiel de l’augmentation du nombre de professions intermédiaires a été le fait de personnes dotées d’un diplôme de l’enseignement supérieur. C’est évidemment le cas chez les cadres, mais aussi chez les ouvriers, ou la possession d’un CAP s’impose comme un niveau de diplôme minimal.

Peut-on conclure de ce qui précède que le Progrès Technique améliore toujours les qualifications ? Même si globalement la réponse peut sembler positive, il convient malgré tout de la nuancer. D’une part parce-que de nombreux emplois peu qualifiés se développent dans le secteur tertiaire (hôtellerie, transports, sécurité, entretien…). On peut même parler d’une véritable taylorisation de certaines professions de service (caissière de supermarché, préparateur en restauration rapide). D’autre part, ce n’est pas parce-que les mêmes emplois sont accomplis par des personnes beaucoup plus qualifiées que la nature des emplois, elle, a changé. Enfin, le même Progrès Technique (l’introduction d’une machine à commande numérique ou l’informatisation d’un service comptable) peut se traduire par des logiques sociales très différentes sur le plan de la redéfinition des qualifications. Dans certains cas c’est une véritable élévation des qualifications que connaîtront les salariés (stages de qualification, enrichissement des tâches, reclassement au sein de la grille salariale). Dans d’autres cas, l’introduction des nouvelles technologies fait disparaître toutes les traces d’autonomie, d’initiative et de responsabilité qui s’attachaient à l’ancien poste de travail.

CONCLUSION : On peut dégager une idée force que la Progrès Technique n’est pas en soit déterminant ni dans l’évolution du volume de l’emploi, ni dans l’élévation des qualifications. Dans le premier cas, on a pu constater que la relation Progrès Technique – emploi était largement déterminé par l’intensité de la croissance économique. Dans le second cas, on a pu constater que les logiques sociales à l’œuvre peuvent modifier les conséquences du Progrès Technique, soit dans le sens d’une amélioration des qualifications, soit dans le sens d’une déqualification.

Dans tous les cas, il est difficile de croire en un quelconque déterminisme technologique. Les questions autour du Progrès Technique sont avant tout des questions politiques, comme le montre l’actuel débat sur les OGM.

Selon Jacques Chirac, on assiste dans la société française à une montée de la pauvreté et au développement de nouvelles formes d'exclusion sociale. Les dispositifs institutionnels de protection sociale semblent impuissants à enrayer ces phénomènes. Quel rôle doit l'État doit avoir dans la lutte contre l'exclusion ? Quelles sont les solidarités que l'État peut instaurer ? (ex: les solidarités sociales). Sont-elles suffisantes ? Sont-elles à modifier ?

I. LA FORMATION DES SYSTÈMES DE PROTECTION SOCIALE

Comment peut-on protéger les individus des risques sociaux (chômage, tomber malade, être seul, sans famille, vieillir) ? Dans les sociétés traditionnelles, ce sont d'abord dans les groupes primaires (familles, communautés religieuse, corporations) que s'opèrent les solidarités. Ces solidarités sont très puissantes dans ces sociétés et la liberté très réduite. Dans les sociétés modernes (nées avec le développement du capitalisme), on assiste à une montée de l'individualisme et ces solidarités (familiales, etc) tendent à disparaître. Donc, comment assurer ces solidarités ? Le modèle libéral: chacun doit assurer sa propre protection en ayant recours à des assurances privées. Le courant « social-démocrate »: on va créer des institutions qui vont prendre en charge ces solidarités pour tout le monde.

Quels sont les principaux modèles de protection sociale. 1. Système Bismarckien. Bismarck se pose le problème de la question sociale. Il voit dans la pauvreté et la misère un risque de révolte, un risque politique. Le système Bismarckien repose sur les assurances sociales professionnelles. C'est par le biais de son travail que l'on accède à la protection sociale (système de cotisations pour les travailleurs). 2. Système Bévéridgien. Assurer une protection sociale universelle (même pour ceux qui ne travaillent pas). La protection sociale est assurée par l'État et financée par les impôts. 3. Système Français. La Sécurité Sociale (1944) émane du Conseil National de la Résistance. Ce projet a une double vocation: refuser le système libéral (« le chacun pour soi ») et assurer une protection collective. Mais quel modèle choisir ? Assurance sociale qui repose sur le travail (ceux sont les actifs qui cotisent) > Bismarckien. Ces cotisations sont versées par les salariés et les patrons (ceux sont donc eux qui gèrent les caisses) > Bismarckien. Ces cotisations bénéficient à tout le monde. En 1988, réorganisation de la protection sociale > création d'un impôt qui va venir renforcer la cotisation de la protection sociale (inflexion vers le système Bévéridgien), la CSG (Contribution Sociale Généralisée).

Quelques institutions françaises : Assurance Sociale (1ère institution: la Sécurité Sociale, elle gère 3 grands domaines. 2ème institution: UNEDIC). Organismes secondaires qui viennent compléter ces dispositifs (ex: les régimes complémentaires de retraite). Aujourd’hui, le budget des assurances sociales est plus important que celui de l'État (2.500 milliards de francs). Depuis 30 ans, forte croissance des dépenses de protection sociale à cause de la montée du chômage, des retraites (allongement de la durée de vie) et des dépenses de santé. Déficit permanent des comptes de la protection sociale.

II. LA MONTÉE DE L'EXCLUSION SOCIALE ET LE RÔLE DE L'ÉTAT PROVIDENCE

Qu'est-ce que la pauvreté et l'exclusion sociale ?

Pour l'INSEE, sont considérés comme pauvres les personnes et les ménages qui disposent d'un revenu inférieur de moitié au revenu médian. Autre critère: sont considérés comme pauvres les personnes ou ménages qui disposent d'un revenu inférieur de moitié au revenu moyen.

L'exclusion sociale est un processus complexe qui suppose une rupture du lien social et l'existence d'un marginalité durable. On distingue habituellement 3 phases. 1. La fragilité (axe professionnel : CDD, emploi peu qualifie / axe familial : divorce, monoparentalité, célibat / axe scolaire : difficultés scolaires). 2. L’assistance / dépendance (axe professionnel : chômage plus ou moins long ; axe familial : perte des liens familiaux ; axe scolaire : sortie de l’école sans aucune qualification). 3. La relégation sociale ou marginalisation (axe professionnel : inemployabilité ; axe familial : grande solitude ; axe scolaire : illettrisme).

La crise de l'emploi a été une des causes majeures du développement de l'exclusion (surtout le chômage de longue durée), mais à côté de ce vecteur principal d'exclusion sociale, il y a d'autres facteurs: les ruptures familiales, l'échec scolaire, les politiques urbaines, le racisme.

Que fait l'État face à la montée de l'exclusion sociale ? Le noyau central des politiques publiques, c'est la Protection Sociale (solidarités publiques), c’est-à-dire faire face aux risques d'exclusion liés aux risques sociaux (maladie, vieillesse, chômage…). Mais la masse énormes des sommes mises en jeu n'a pas empêché de voir se développer, au milieu des années 80, des formes de pauvreté nouvelles et des processus d'exclusion. De nombreuses personnes sont passées à travers les « mailles du filet » de la protection sociale, à cause notamment de la montée du chômage et surtout de la réduction de son indemnisation dans le cadre de l'assurance-chômage ou encore de la précarisation du contrat de travail. D'où l'idée de compléter ce dispositif. 1. création des minima sociaux (minimum vieillesse, allocation spécifique de solidarité pour les chômeurs en fin de droit, allocation adulte handicapé). 2. création du RMI (Revenu Moyen d'Insertion – 1988). 1 million de personnes sont concernées, ce qui révèle toute l'étendue de la pauvreté sociale. 3. création de la CMU (Couverture Maladie Universelle – Janvier 2000, par Martine Aubry). Permet à de nombreuses personnes d'avoir accès à l'assurance maladie.

Ce qui fait la force des solidarités publiques ou institutionnelles (c'est la communauté qui cotise), c'est la puissance financière, c'est le caractère obligatoire légal (par opposition, les solidarités familiales ou du travail ne sont pas obligatoires) et c'est un droit impersonnel (quelque soit la personne, elle peut exercer ce droit).

III. LA CRISE DES SOLIDARITÉS PUBLIQUES

Crise financière : Elle vient du fait que la croissance des dépenses de solidarité (ou dépenses sociales) est plus rapide que la croissance du PIB. Se pose alors la question du poids des prélèvements et plus particulièrement du poids qui pèse sur les actifs (principaux cotisants) par rapport aux inactifs. Faut-il prélever d'avantage sur les actifs ? Le déficit structurel et permanent de la Sécurité Sociale pose également la question de l'endettement des organismes sociaux. Enfin, on se retrouve confronté à toute une série d'effets pervers, et notamment l’effet pervers de l’accroissement du coût salarial et de la montée du chômage.

Montée du chômage > accroissement des dépenses sociales (augmentation des dépenses d’assurance chômage) > augmentation des cotisations sociales > augmentation du coût salarial responsable pour certains de la hausse du chômage.

Crise d'efficacité : 1. Critique libérale de la protection sociale. Pour les libéraux, le régime de protection sociale serait peu efficace. Pourquoi ? Il n'est pas soumis aux règles de la concurrence. Il n'est pas individualisé. Pour les libéraux, il faut un système qui repose sur des assurances privées qui seraient en concurrence (les assurances privées produiraient les mêmes services à moindre coût), où chaque individu devrait lui-même se prendre en charge (ce qui fait qu’on ne peut plus profiter du système).

2. a. La protection sociale connaît des limites à son efficacité parce-qu'elle ne touche pas prioritairement ceux qui en ont le plus besoin. Ce système serait donc producteur d'exclusion. Cette exclusion vient du mode de financement. En effet, ce système de protection sociale exclut ceux qui n'ont pas cotisés. b. La protection sociale connaît des limites à son efficacité du fait que ceux qui consomment le plus de services de santé sont ceux qui culturellement et financièrement ont les meilleures conditions sociales d'existence.

3. Le développement des « trappes à pauvreté ». Dans certains cas, les minima-sociaux ne rendent pas intéressant financièrement le retour à l'activité professionnelle (ex: une femme seule avec des enfants). Les minima-sociaux créent donc un système d'assistance dont il est difficile de sortir. 1ère solution : réduire ou supprimer les minima-sociaux. 2ème solution: Créer des incitation au retour à l'emploi comme l'a fait le Gouvernement en 2001 avec la création du crédit d'impôt. Rembourser une partie des impôts des gens qui ont travaillés.

4. Efficacité du RMI. Le RMI doit permettre de remettre en jeu socialement les individus. Or, l'insertion est le maillon faible. Il y a très peu de résultat en ce qui concerne l'insertion. Mais ce n’est pas pour autant qu’il y a « échec de l’insertion » concernant le RMI (Revenu Moyen D’Insertion).

Crise de légitimité : La légitimité du système de protection sociale est remise en cause. Pourquoi ? Ce à quoi on assiste depuis 20 ans, c'est la dissipation du voile d'ignorance. On s'est aperçu en effet que tous les individus ne courraient pas les mêmes risques sociaux. ex: Espérance de vie inférieure de 10 ans pour un ouvrier par rapport à un pharmacien. La conséquence de ceci est que se pose la question de la justice sociale. Est-il juste, par exemple, que tout le monde cotise de la même manière pour l'assurance maladie alors que certains ont des frais de santé beaucoup plus importants que d'autres ? Est-il juste que moi, non fumeur, cotise pour les fumeurs réguliers ? Cette crise de légitimité est donc due au fait que certains bénéficient plus et beaucoup plus longtemps de la protection sociale que d'autres, et que la protection sociale ne touche pas ceux qui en ont le plus besoin.

CONCLUSION : Faut-il rejeter toutes les solidarités publiques ? Non. On ne peut pas substituer aux solidarités institutionnelles, sauf à développer, un système d'assurance privée extra-libéral, ce serait rejeter le système européen. Par contre, rien n'empêche de réfléchir sur l'amélioration de l'efficacité et la réduction des défauts de la protection sociale. Comment faire pour que les solidarités publiques aillent d'abord à ceux qui en ont le plus besoin ? Le système doit-il être uniquement collectif ? Doit-il laisser une part à la protection individuelle et donc à la liberté individuelle ? Le mode de financement doit-il être modifié ?

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