Commentaire
#16
Posté 12 avril 2004 - 17:07
#17
Posté 12 avril 2004 - 19:04
I - L'imortalité de la nature
1) L'ecoulement du temps:
- durée
- omniprésence
- cycle
2) Le renouvellement et l'éternelle jeunesse de la nature:- adjectifs et verbes de la vie
- liaison des temps avec retour du présent par le futur (incompris!!!)
- la joie, le bonheur
Citation
(alinéa) §1: Présentation du passage (situation dans l'oeuvre, auteur, date de la 1ère parution et éventuellement contexte historique s'il présente de l'intérêt ds l'analyse, thème général, brièvement exposer le contenu de l'oeuvre, éléments de la bio de l'auteur s'ils présentent un intérêt pour l'analyse....).
(alinéa) §2: exposition du plan
(sautez une ligne)
(alinéa) §3: Présentez en quelques lignes l'idée de votre première partie.
(alinéa) §4: 1)
(alinéa) §5: 2)
(alinéa) §6: 3)
(alinéa) §4: 1)
(alinéa) §5: 2)
(alinéa) §6: 3)
que représentent-ils? ils représentent mon 1) et 2) a moi? donc le 3 n'y est pas dans mon commentaire? en fait je demande ca car faut il que je mette des alinéas entre chaque sous partie? (par exemple pour durée, omniprésence etc, doivent ils commancé par un alinéa?)
#18
Posté 14 avril 2004 - 12:51
Je trouve étrange que l'on demande de rédiger la première partie ou la seconde sans même les connaître. Un commentaire forme un ensemble, l'enchaînement des parties s'effectue logiquement. Puisque tu as choisi de rédiger la première partie, cela ne pose pas réellement de problème. Néanmoins, dois-tu annoncer le plan dans ton introduction ?
Ton 1 et ton 2 correspondent effectivement aux 4ème et 5ème paragraphes. Cependant, il est préférable d'opter pour trois sous-parties. On peut n'en choisir que deux lorsque celles-ci sont très riches et diversifiées, ce qui n'est pas tout à fait le cas des tiennes. Peut-être pourrais-tu donc ajouter une autre sous-partie ?
N'ayant pas le texte sous les yeux, je vais consulter l'autre post pour pouvoir t'aider plus efficacement.
#19
Posté 06 mai 2004 - 14:31
Voici le texte:
Pour jouer mon rôle sans peine,
Je le veux un peu repasser.
Voici la chambre où j'entre en courrier que l'on mène,
Et cette lanterne est Alcmène,
À qui je me dois adresser.
(Il pose sa lanterne à terre, et lui adresse son compliment.)
"Madame, Amphitryon, mon maître, et votre époux.
(Bon! beau début!) l'esprit toujours plein de vos charmes,
M'a voulu choisir entre tous,
Pour vous donner avis du succès de ses armes,
Et du désir qu'il a de se voir près de vous."
"Ha! Vraiment, mon pauvre Sosie,
À te revoir j'ai de la joie au cœur."
"Madame, ce m'est trop d'honneur,
Et mon destin doit faire envie."
(Bien répondu!) "Comment se porte Amphitryon?"
"Madame, en homme de courage,
Dans les occasions où la gloire l'engage."
(Fort bien! belle conception!)
"Quand viendra-t-il, par son retour charmant,
Rendre mon âme satisfaite?"
"Le plus tôt qu'il pourra, Madame, assurément,
Mais bien plus tard que son cœur ne souhaite."
(Ah!) "Mais quel est l'état où la guerre l'a mis?
Que dit-il? que fait-il? Contente un peu mon âme."
"Il dit moins qu'il ne fait, Madame,
Et fait trembler les ennemis."
(Peste! où prend mon esprit toutes ces gentillesses?)
Scène 1, Acte 1, Amphitryon, Molière.
Merci!
#20
Posté 08 mai 2004 - 10:39
j ai lu vos post pour le commentaire mais ma prof nous a demandé de faire un commentaire comparé et chuis pommé
j ai toute les différences et tous mais je sais pas comment les organiser
merci
#21
Posté 16 septembre 2004 - 13:54
Définition : Une dissertation est :
a) un exercice de rédaction sur un sujet donné
B) un exercice de réflexion logique
c) un exercice de réflexion personnelle. Pour réussir cet exercice, vous devez absolument veiller à :
-Traiter le sujet posé
-Organiser logiquement son travail
-Rédiger quelques éléments au brouillon
-Rédiger au propre
Traiter le sujet posé
Toutes les étapes suivantes sont indispensables :
- lire le sujet une première fois en entier
- distinguer les notions-clés, les verbes, les temps, les citations, les questions
- délimiter le sujet : attention aux hors-sujets
- distinguer la citation (si elle existe) de la question. La citation est un point de départ pour la réflexion.
NB : Essayer de définir les termes les plus importants au brouillon peut aider.
EXEMPLE DE SUJET : une citation suivie d'une question
CITATION Dans Antigone, J. Anouilh fait dire à l'héroïne : "Moi, je n'ai pas dit 'oui' ! (…) Moi, je peux dire 'non' encore à tout ce que je n'aime pas et je suis seul juge." QUESTION Trouvez-vous que ces propos sont vraiment le reflet du rôle d'Antigone dans la pièce ?
NOTIONS CLES :
- Dire "Oui" / Dire "Non" : = accepter / refuser ; obéir / désobéir ; se soumettre / se révolter
- Seul juge : = autonomie; responsabilité ; solitude
- Rôle d'Antigone : caractère du personnage + interventions dans l'œuvre
Antigone : pièce de théâtre à sujet mythologique adapté au XXe siècle
Organiser logiquement son travail
Le travail au brouillon est l'étape la plus importante de la dissertation.
- Première étape : réfléchir
-Deuxième étape : trouver un plan
-Troisième étape : trouver des liaisons logiques
-Quatrième étape : vérifier l'ordre des arguments
* Première étape : réfléchir
- Trouver des idées qui correspondent au sujet
- Trouver des exemples pour illustrer chacune des idées
- Eviter les jugements de valeur, les opinions trop personnelles Suite de l'exemple : Antigone dit "oui" à la mort, elle refuse de se soumettre ; elle est l'opposé de sa sœur Ismène ; elle ne veut pas finir comme son oncle Créon, etc. retour
* Deuxième étape : trouver un plan
- Organiser les éléments entre eux
- Construire deux ou trois parties, avec deux ou trois sous-parties chacune
- Vérifier que la progression des idées est logique.
- Eliminer les plans-types, qui ne sont jamais adaptés au sujet : Oui / Non / Peut-être Par domaines (ex : poésie / théâtre / roman) Thèse / Antithèse / Synthèse (très difficile à faire) Proposition de plan dans notre exemple : I. Antigone désire la mort, refuse d'obéir /II. Pourtant elle aime la vie/ III. En fait elle obéit à une nécessité supérieure (être l'Antigone antique)
* Troisième étape : trouver des liaisons logiques
-Déterminer des titres pour les parties
-Déterminer les liens logiques entre les parties
-Rédiger une seule phrase résumant l'ensemble Ex : S'il est vrai que (…), il est aussi vrai que (…), et bien plus (…). ou : Certes (…), mais (…), et qui plus est (…) Dans notre exemple : Même si Antigone semble être un personnage tout entier de refus, elle manifeste un grand amour pour la vie, car son obstination est due à son désir d'être l'Antigone antique.
* Quatrième étape : vérifier l'ordre des arguments Les arguments doivent être rangés :
-du plus faible au plus fort
-du moins important au plus important
-du contre au pour (ou du pour au contre, suivant l'opinion exprimée) Dans notre exemple : Antigone est un personnage de refus Elle ne cesse de crier "Non" Elle s'oppose à la volonté de Créon Elle s'obstine à ne pas lui obéir, contre toute raison.
La rédaction au brouillon
Doivent être rédigés impérativement au brouillon :
-L'introduction
-La conclusion
-Le reste doit être rédigé directement au propre.
L'INTRODUCTION EST DIVISEE EN DIFFERENTES PARTIES :
-une accroche : phrase générale liée au sujet qui permet de l'amener en douceur. Eviter les banalités du type "de tout temps l'homme…" Ex. : Le théâtre français, au début du XXe siècle., est marqué par le mythe grec. Ainsi Anouilh, comme Cocteau ou Giraudoux, s'inspire-t-il de la Grèce pour écrire son Antigone.
-le recopiage du sujet : la citation (si elle existe) est recopiée, la question (si elle est posée) peut être reformulée (attention aux hors-sujets) Ex. : J. Anouilh fait dire à l'héroïne : "Moi, je n'ai pas dit 'oui' ! (…) Moi, je peux dire 'non' encore à tout ce que je n'aime pas et je suis seul juge." Ce 'Oui' et ce 'Non' claquent comme une définition du rôle d'Antigone. -une problématique : elle explique pourquoi la question posée fait problème (facile s'il s'agit d'un paradoxe). Elle met en place les éléments nécessaires pour la réponse : il s'agit d'une première analyse synthétique. Ex. : Pourtant ce 'Oui' et ce 'Non' ne suffisent pas : Antigone est un personnage contradictoire, qui ne propose pas d'explication claire à son désir de mourir à tout prix.
-l'annonce du plan choisi : éviter si possible les formules du type : "nous verrons dans un premier temps que..., puis nous nous demanderons si..., etc". Utiliser plutôt la phrase résumant les différentes parties (II, 3) Ex. : Même si Antigone semble être un personnage tout entier de refus, elle manifeste un grand amour pour la vie, car son obstination est due à son désir d'être l'Antigone antique.
NB : ce n'est pas la peine de souligner les divisions de l'introduction par des alinéas. retour
LA CONCLUSION comporte :
-une reprise de la problématique (attention à varier la formulation), enrichie de tout ce qui a été démontré.
-une ouverture, si véritablement les arguments sont convaincants et si l'enchaînement est brillant. Sinon, mieux vaut oublier.
Ex. : La contradiction qui est au cœur du rôle d'Antigone, et que la simple alternance 'oui' / 'Non' masquait, se comprend finalement dans le jeu sur le mythe antique auquel se livre Anouilh. L'Antigone moderne ne peut se comprendre que par rapport à l'Antigone antique.
APPLICATION A TON SUJET
Appréciez l'affirmation suivante de Valéry Larbaud:
"Ce vice impuni la lecture"
Ce vice impuni la lecture
mots-clés : vice et lecture
vice = culpabilité, faute, déréglement
En quoi la lecture est-elle un vice ? Pourquoi serait-elle impunie ?
Comme l'Education nationale demande à tous les petits Français de savoir lire, n'y aurait-il pas là une expression paradoxale ?
Je pense que Valéry Larbaud cherche à parer cette activité intellectuelle des attraits du " fruit défendu " parce qu'il considère qu'à son époque elle est délaissée. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Quels sont les attraits réels de la lecture ?
Quels bénéfices peut en tirer un adolescent d'aujourd'hui ? plaisir ? savoir ? culture ?
Jean Luc, site Cyberpapy lettre
#22
Posté 16 septembre 2004 - 13:59
1/ tu les lis et repères les axes de chacun des thèmes tu repères aussi les techniques d'écriture de chacun ( prose , poèsie - figures de style - si besoin technique d'écriture)
2/ tu regardes bien si tu peux avoir les mêmes axes chez les deux
3/ tu fais ton plan
- un tout simple = ressemblances et différences entre les deux textes mais les profs n'aiment pas trop ce plan pourtant bien simple
- un plus compliqué : tu prends les axes et tu vois si tu en as le même nombre chez les deux et pourquoi ( ex un des deux n'a pas traité un aspect du sujet) et tu montres leurs ressemblances et leurs différences
par exemple, comparer deux fables de la fontaine et d'esope
I la présentation de la fable
- ce qui est semblable dans les deux cas( récit -> morale
- ce qui est différent prose poésie ( regarde bien ce que cette dernière apporte en plus)
II Le récit
- ce qui est semblable
-ce qui est différent
III La morale
- dans les 2 cas -> une leçon aux hommes
- mais il me semble que ces morales sont différentes ( analyse en quoi)
Marie Servel, Site cyberpapy lettre
#23
Posté 27 septembre 2004 - 15:33
demain j'ai ma première dissertation en khâgne et j'avoue ne pas me sentir super préparée... la méthode me semble différente de celle du lycée mais jamais l'année dernière je n'ai eu une méthode claire pour la dissertation en lettres supérieures. si quelqu'un pouvait par hasard m'en donner une, ce serait très gentil....
RÉPONSE Proposé par : Jean-Luc - le : 27/09 sur cyberpapy lettre
Bonjour Camille,
Voilà une méthode détaillée :
En premier lieu il convient d’analyser correctement le sujet. Le sujet est en général composé de deux parties :
Le sujet lui-même, généralement une citation ou une question,
La consigne.
Examinons le sujet proposé.
Les textes littéraires et les formes d'argumentation souvent complexes qu'ils proposent vous paraissent-ils être un moyen efficace de convaincre et persuader ?
Vous répondrez à cette question en un développement composé, prenant appui sur les textes du corpus et sur ceux que vous avez lus et étudiés.
À partir de la question ou de la citation, il convient de souligner les mots importants.
Ici « textes littéraires » « formes d'argumentation » « complexes » « de convaincre et persuader ».
À partir de ces mots importants, nous recherchons des synonymes ou des antonymes, plus généralement des mots de ces champs sémantiques. Les liens qu’ils entretiennent pourront nous permettre de reformuler la problématique.
Ainsi « textes littéraires » peut évoquer pamphlet, apologie, satire, apologue, libelle, diatribe, critique, thèse, réquisitoire, défense, genre littéraire…
« Formes d'argumentation » appelle controverse, raisonnement, démonstration, explication, discussions, déduction, méthode, causalité, synthèse, syllogisme, spéculation, analogie, comparaison… voir aussi la fiche sur l’argumentation.
« Complexes » peut suggérer intellectuel, culturel, subtil, alambiqué, code, ensemble, figures de style, richesse du vocabulaire, registres, symbole…
« Moyen efficace » évoque l’existence d’autres moyens d’expression : images, discours oral, quotidien, revue, radio, bandes dessinées, peinture, sculpture, cinéma…
« Convaincre » nous renvoie au champ lexical du rationnel, de la démonstration, de la construction intellectuelle. Il existe alors une certaine distance, un certain recul entre l’auteur et le sujet dont il débat.
« Persuader », quant à lui, fait référence à l’émotion, à l’affectivité, à la modalisation, et même à la manipulation comme à la propagande. Ici l’auteur s’engage dans la controverse avec toute sa personne. Rejeter ses idées, c’est le rejeter lui-même.
L’existence des deux termes de sens voisin oblige à une distinction des formes, des procédés d'argumentation.
Nous voyons qu’ici le domaine de discussion est celui de la littérature engagée, militante, de la littérature de combat. Nous sommes dans la confrontation des opinions, des convictions, aux frontières du choc des idéologies.
À ce point de la réflexion, il faut envisager des limites, une éventuelle contradiction, pour ne pas se laisser enfermer dans l’acquiescement béat.
Est-ce bien la vocation de la littérature d’être un outil au service d’une cause ? Ne devrait-elle pas se montrer plus désintéressée ? Est-elle un moyen efficace de propager ses idées ou ses convictions ? N’existe-t-il pas d’autres moyens plus efficaces que la littérature ?
Notons d’ores et déjà un écueil à éviter : le corpus traite du sujet de la guerre, remarquons qu’il s’agit simplement d’un domaine d’application particulier de la question plus générale du débat d’idées. En conséquence, ce serait une erreur de choisir ses exemples seulement en ce domaine, même s’il est plus pathétique et mobilisateur.
La consigne invite à donner son opinion en s’appuyant sur les textes proposés et sur les œuvres étudiées au cours du second cycle. La simple exploitation des textes doit permettre d’inventer une bonne part de vos arguments. C’est aussi l’occasion de montrer votre culture.
Nous passons alors à la recherche des idées, nous utilisons à cette fin la fiche « recherche des idées ».
Par exemple que sais-je du sujet en littérature ? Je peux me rappeler quelques grands textes de la littérature engagée comme J’accuse de Zola au moment de l’affaire Dreyfus, ou les œuvres polémiques de Victor Hugo contre la tyrannie de Napoléon III, telles que Les années funestes, Napoléon le petit, ou l’engagement des écrivains sous l’occupation, ou encore le combat des philosophes au siècle des lumières… à la question quand ? je peux aisément m’apercevoir que cet engagement des écrivains est constant dans l’histoire littéraire. À la question comment ? je peux noter que ce sont les formes polémiques qui semblent le plus souvent retenues. À la question pourquoi ? je vais vite me rendre compte qu’il s’agit d’enthousiasme ou d’indignation, que les textes qui ont eu le plus d’impact sont ceux où leur auteur s’est le plus engagé. Si j’aborde la question des limites (et donc celle de l’efficacité), je peux penser au risque de lassitude, de manipulation, de complexité qui me feront repousser le texte.
Il est alors très important, à la fin de cette phase de créativité, de relire ses notes et d’examiner si chaque idée répond bien à la problématique, c’est-à-dire n’est pas hors sujet. J’élimine alors impitoyablement ces idées. Si ces idées entretiennent quand même un rapport avec le sujet je peux éventuellement les utiliser dans la phase d’élargissement de la conclusion ou dans la phase de présentation de l’introduction.
À partir de ce moment, je vais chercher à organiser ma production par des regroupements en parties. L’idéal en ce domaine est de pouvoir en définir trois, garantie d’un plan équilibré, en particulier ce rythme ternaire autorise le dépassement de la contradiction, tout l’art de la démonstration. Je me sers de la fiche « les plans », et je m’oublie pas qu’il s’agit d’un canevas que j’aurais à habiller, à personnaliser, pour répondre au sujet précis.
A l’intérieur de chaque partie, je vais organiser mon argumentation par une progression du moins important au plus important, sachant que les arguments les plus efficaces seront mieux retenus s’ils sont placés à la fin.
Chaque idée et les exemples qui l’illustrent constitueront un paragraphe.
Les idées sont reliées entre elles par des connecteurs de présentation : d’une part, d’autre part ; d’abord, ensuite, enfin ; des connecteurs d’addition : de plus, en outre ; des connecteurs d’opposition ou de nuance : cependant, toutefois…
Je n’oublie pas que chaque partie est reliée à la suivante par une transition, c’est-à-dire un résumé de la partie terminée et une annonce de la partie suivante.
C’est alors que je m’occupe de la conclusion et de l’introduction, pour être bien sûr que ces deux parties essentielles soient en harmonie avec ma démonstration.
L’introduction et la conclusion sont rédigées entièrement au brouillon, alors que les parties n’ont fait l’objet que d’un plan détaillé.
L’introduction est rédigée selon trois parties : l’exposition, l’énoncé du sujet ou la problématique, l’annonce du plan.
La conclusion est rédigée en deux parties : la conclusion proprement dite ou résumé de l’argumentation, l’élargissement.
Au final, je n’oublie pas de me relire pour éliminer les scories : les fautes d’orthographe, les répétitions ou les mots passe-partout.
L'introduction dans la dissertation
Il n'y a pas d'introduction passe-partout.
Cependant il faut connaître quelques règles.
Une introduction doit être assez courte : 10 à 15 lignes pour un devoir de 5 ou 6 pages.
Il faut d'abord considérer que le sujet proposé est inconnu du lecteur, d'où il faut éviter une entrée en matière trop abrupte.
Une introduction est composé de trois moments :
-- situation du sujet,
-- énoncé du sujet en expliquant brièvement le problème posé,
-- annonce plan du devoir.
1 - la première étape : la situation du sujet
-- on amène le lecteur au sujet par analogie : à l'aide d'une idée voisine un peu plus générale ou d'un fait très connu ayant eu un grand retentissement. Éviter à ce sujet les introductions trop générales du type : " depuis qu'il y a des hommes et qu'ils pensent ".
-- par contraste : à l'aide d'une idée ou d'une opinion directement opposée. Cette construction permet de valoriser le sujet.
-- en situant le texte quand on sait d'où il est tiré, quand on connaît le contexte.
-- déterminer une cause importante.
On peut aussi se ramener à trois types de sujets :
-- La pensée à examiner est absolument incontestable, on ne peut que la justifier par des exemples. On recourt alors à une opposition et à une interrogation combinées.
-- La pensée est exagérée ou fausse. Il faudra alors chercher à expliquer pourquoi son auteur a eu recours au paradoxe et réfuter la thèse.
Il est couramment admis que...
Seul X. pense autrement
On se demande ce qui lui a inspiré cette maxime et quelle part de vérité elle peut contenir.
-- La pensée oppose le pour le contre. Il est difficile de trancher. On penche d'un côté. On commence par l'autre, on termine par le parti qu'on préfère (il sera plus développé). Schéma de l'introduction :
Sur tel point les penseurs sont divisés
Beaucoup pensent ainsi
X. écrit au contraire
Faut-il croire que... ou plutôt que...
2 - énoncé du sujet
La citation doit être reproduite si elle est courte, dans ses éléments essentiels si elle est longue. On inclut alors quelques expressions clés. Elle doit être expliquée, c'est-à-dire qu'on doit reformuler la question posée, le problème envisagé sans pour autant donné la solution ce qui serait le comble de la maladresse. On doit alors aussi préciser dans quel sens on prend le où les mots-clés du sujet. Si la définition demande un développement assez long, il faut le passer dans le corps du devoir.
3 - l'annonce du plan
Là aussi il faut indiquer les intentions sans donner la solution.
Deux formules:
-- une suite de questions,
-- une succession de phrases avec " tout d'abord... ", " ensuite... ", " enfin... ". On peut aussi utiliser une seule phrase avec des propositions introduites par
" S'il est vrai que " (…), " il est aussi vrai que " (…), " et bien plus " (…).
" Certes " (…), " mais " ou " néanmoins... " ou " cependant... " (…), " et qui plus est " (…)
Thèse antithèse dépassement ou synthèse
Après ce qui vient d'être dit, on se rend compte que l'introduction doit être rédigée à la fin du devoir afin d'introduire véritablement, malgré le paradoxe, au devoir tel qu'il a été rédigé.
Exemples
-- Étudions d'abord le sujet suivant :
Commentez ce conseil de La Fontaine :
" Ne forçons point notre talent,
Nous ne ferions rien avec grâce ".
C'est le premier type de sujet. La pensée est incontestable, il ne suffit que de l'illustrer.
Introduction sommaire par opposition et interrogation combinées.
Beaucoup d'hommes, par vanité aveugle, cherchent à outrepasser leurs possibilités, le fabuliste n'a t il pas raison d'écrire ?
-- Étudions le sujet suivant :
Gide écrivait : " Victor Hugo, notre plus grand poète, hélas ! " Que pensez-vous de ce jugement ?
Il s'agit à l'évidence d'un sujet du deuxième type.
Introduction proposée : combinaison entre détail précis et idée contraire.
" Le 1er juin 1885, toutes les rues de Paris étaient pavoisées, on tire vingt et un coups de canon, le peuple se pressait sur les Champs-Élysées où descendait un corbillard. Ce jour-là, Victor Hugo était honoré par des funérailles nationales et ses cendres déposées dans la crypte du Panthéon. Maurice Barrès, dans Les Déracinés, après avoir décrit la ferveur de la foule, ajoutait : " Hugo gît désormais sur l'Ararat du classicisme national ". Comme nous sommes loin de la réticence d'André Gide qui s'exprimait ainsi... "
#24
Posté 29 septembre 2004 - 13:25
Vous pouvez évoquer :
• une atmosphère (euphorique, idyllique, austère, morbide...)
• une coloration (sentimentale, romantique, champêtre...)
• une écriture (baroque, classique…)
• un effet (saisissant de suspense, d'attente...)
• une impression, une notation (psychologique, spatiale, temporelle...)
• une observation (précise, pénétrante, minutieuse...)
• une portée (universelle, symbolique, révolutionnaire...)
• une réflexion (amère, sereine, désabusée, profonde...)
• une sensation (auditive, visuelle, olfactive...)
• un sentiment, une signification (psychologique, morale, politique...)
• un thème (original, traditionnel, populaire…)
• une technique (impressionniste, picturale, novatrice, traditionnelle, originale...)
• un style (original, sec, ample, incisif, elliptique, oratoire, familier, soutenu, délié, heurté...)
• une tonalité (comique, satirique,. bouffonne, burlesque, grotesque, polémique, critique, dramatique,
pathétique, tragique, lyrique, solennelle, intimiste, ironique, sarcastique...)…
Un mot, un vers, une phrase, un texte, une oeuvre…
accentue, confirme, dénote, rappelle, allie, constitue, dépeint, explique, caractérise, construit, présente un caractère, exprime, comporte, se compose de, crée, développe, compose, décrit, énumère, illustre, confère, montre, met en évidence, évoque, implique, indique, oppose, signifie, insiste présente, situe, produit, renseigne, souligne, met l'accent (sur), qualifie, suggère, rappelle, représente, suscite, restitue, symbolise, évidence, reflète, résume, traduit, relie, retrace, unit, renforce, révèle…
Un procédé stylistique ou une figure de rhétorique…
connote, dénote, révèle, donne au lecteur (l'impression, l'illusion, le sentiment de), oppose, revêt, témoigne de, souligne, anime, renforce, appuie, met en valeur, met en évidence, signale, rapproche…
Un narrateur, un romancier, un poète…
accumule, déplore, mentionne, affirme, désigne, met en garde, alerte (sur), dessine, analyse, prône, approfondit, dresse (le portrait), propose, recourt à, brosse ou ébauche (un portrait), emploie, réfute, campe (un personnage), esquisse, (re)trace, exalte (un héros), célèbre (un sentiment), s'indigne de, communique, expose, s'insurge, consacre, fait l'éloge de, critique, tente de, déclare, introduit, transfigure, définit, ironise (sur), use de, utilise…
L'auteur, le locuteur…
réussit (à), évoque, cherche (à), s’efforce (de), se contente de, souligne, fait ressortir, insiste (sur), s’appuie (sur), fait allusion (à), dénonce, justifie, étaye, avance, développe, décrit, introduit, suggère, se propose de, commente, analyse, explique, décrit, adopte (tel fait textuel), procède par, s'emploie à, renvoie à, qualifie, précise…
Le personnage…
séduit, éprouve, rencontre, ressent, perçoit (comme), confronte, traduit, est sensible à, réalise, procure, émerveille, se caractérise comme, fascine, apprécie, apporte, considère, (s’) enthousiasme, (s’) imagine, impressionne, soupçonne, découvre, souffre (de), apparaît (comme), soulève, néglige, suscite, déplore, incarne, représente, constitue un exemple de, se pose en modèle de, est caractéristique de, est représentatif de…
Le lecteur…
admire, éprouve, s'interroge, ressent, comprend, est ému, partage, découvre, est touché, perçoit, se demande, s'identifie, se projette, considère que, se demande si, adhère à, ressent, devine, comprend, apprécie, reconnaît, goûte plus particulièrement, …
Jean-Luc, sur cyberpapy lettre
#25
Posté 29 septembre 2004 - 13:34
Proposé par : Jean-Luc sur cyberpapy lettre - le : 25/08
Bonjour Edge,
Trouver une problématique à l'instinct n'est pas mauvais, c'est le signe que tu réagis à un texte, que le courant passe entre l'auteur et toi. Si tu veux rationaliser la démarche, je t'indique une méthode:
Je te conseille de questionner systématiquement le texte à analyser avant de te lancer dans une analyse détaillée afin de ne pas te disperser dans tes observations.
Questions à se poser systématiquement :
• Quel est le thème du texte ? Peut-il être mis en relation avec l'œuvre dont le texte est extrait, avec le titre de l'œuvre, avec l'auteur, avec l'époque ?
• Quel est son type (argumentatif, narratif, descriptif…) ?
• Quelle est sa tonalité (comique, tragique, lyrique, pathétique, ironique, épique…) ?
• Quel est son intérêt (historique, philosophique, sociologique…) ?
• Quelles résonances éveille-t-il chez le lecteur (émotion, intérêt, passion, réflexion, interrogation…) ?
En fonction du type, tu vas chercher plutôt tel type ou tel type d'indice
texte d'idées : • sujet sérieux• opposition d'idées, temps simples de l'indicatif• présent• passé composé• futur, verbes d'opinion, marques de la 1re et de la 2e personnes du singulier et du pluriel (locuteur et destinataire présents), souvent hors du temps et des lieux
texte"oralisé" : • prise de parole des personnages, temps simples de l'indicatif• présent• passé composé• futur, verbes déclaratifs, marques de la 1re et de la 2e personnes du singulier et du pluriel (locuteur et destinataire présents), texte organisé par rapport au moment de l'énonciation
texte argumentatif : • figures de style• structure logique forte, temps simples de l'indicatif• présent• passé composé• futur, verbes d'opinion, marques de la 1re et de la 2e personnes du singulier et du pluriel (locuteur et destinataire présents), texte organisé par rapport au moment de l'énonciation
texte narratif : • importance accordée aux points de vue, •passé-simple• présent de narration, verbes d'action, marques de la 3e personne (locuteur et destinataire absents), repères temporels nombreux
texte descriptif : • présentation de lieux • portrait de personnage, • imparfait• plus-que parfait• présent de vérité générale, verbes d'état, marques de la 3e personne (locuteur et destinataire absents), repères spatiaux nombreux
texte explicatif : • objectivité• clarté des propos, • présent de vérité générale• impératif• infinitif, verbes d'action, formes non personnelles, Repères spatio-temporels non nécessaires
• embrayeurs : ce sont les mots dont le référent dépend de la situation d'énonciation, comme les pronoms "je" et "tu" (ou "nous" et "vous") qui désignent l'émetteur et le récepteur du propos, les adjectifs démonstratifs et possessifs qui y renvoient, les adverbes de lieu ("ici" et "là"), les adverbes de temps ("maintenant", "aujourd'hui" ou "hier")…
• modalisateurs : ce sont les indices d'opinion, de jugement (verbes, adverbes, locution indiquant le degré de certitude ou emploi du conditionnel), les marques affectives (termes impliquant une émotion ou un sentiment) et les termes évaluatifs (vocabulaire valorisant/dévalorisant, comparatif/superlatif…) qui désignent l'attitude d'adhésion d'un locuteur par rapport à son énoncé et aux idées qu'il formule.
Déterminer les intentions du locuteur
• raconter des événements, des histoires : texte narratif
• décrire des objets, des lieux, des personnages : texte descriptif
• persuader, argumenter, critiquer : texte argumentatif
• informer, expliquer : texte explicatif
• conseiller, prier, ordonner : texte injonctif
• exprimer des émotions, des sentiments : texte expressif
• susciter des émotions, des sentiments chez le destinataire : texte impressif
Identifier la tonalité du texte
Chaque type de texte a sa propre tonalité (éléments caractéristiques qui induisent chez le destinataire un certain état affectif) et se reconnaît par des signes distinctifs :
- lyrique : expression mélodieuse de sentiments intimes de l'auteur champs lexicaux du sentiments; présence de je/tu; ponctuation expressive; langue soutenue…
- épique : expression d'une grandeur qui dépasse les êtres et représente les valeurs symboliques d'une société termes collectifs ; les superlatifs ; hyperboles ; gradations; métaphores ; personnifications ;intervention du merveilleux…
- tragique : Expression d'un conflit qui déchire le héros convaincu qu'il n'existe plus d'issue possible ; champs lexicaux de la mort ; de la souffrance ; des passions destructrices ; des sentiments héroïques…
- pathétique : expression qui provoque un attendrissement en portant les sentiments à leurs extrêmes ; champs lexicaux des larmes; de la douleur ; nombreuses exclamations ; lamentations ; métaphores et comparaisons à forte charge émotive…
- comique : expression qui provoque une amusement ou le rire ; jeux de mots ; jeux de sonorités ; répétitions ; énumérations ; comparaisons amusantes ; exagérations ; propos absurdes ou familiers…
- absurde : expression de propos déroutants par leur absence de logique et leur caractère imprévisible ; non-respect de la logique ; syllogisme ; relation cause-conséquence défectueuse…
- ironique : expression d'une dénonciation, expression indirecte de quelque chose d'inacceptable antiphrase; juxtapositions; exagérations ou atténuations déconcertantes ; mots à valeur négative; périphrases…
- oratoire : expression qui entraîne l'adhésion du lecteur, le persuade de la validité d'une thèse emploi massif du je/nous/vous; interrogations et apostrophes ; questions oratoires ; anaphores; images ; impératif ; phrases amples…
Établir le genre littéraire du texte : • roman • théâtre • poésie..
Pourquoi faut-il systématiquement questionner le texte ? Pour deux raisons essentielles : la première, pour te mettre en quête de certains indices spécifiques. La seconde, pour nourrir ton introduction et ta conclusion.
• Le thème du texte permet de situer l'extrait dans le contexte de l'oeuvre, c'est l'équivalent de la situation du sujet dans l'introduction de la dissertation.
• Le type, la tonalité, les résonances sont l'équivalent de la présentation du sujet dans l'introduction de la dissertation.
Il ne s'agit plus alors que d'annoncer le plan pour boucler son introduction.
• Quant à l'intérêt (historique, philosophique, sociologique…) et à la reprise des résonances, ils peuvent offrir le bilan, équivalents de l'élargissement du sujet dans la conclusion de la dissertation.
Recherche aussi du côté des rythmes, c'est une bonne porte d'entrée dans les textes. Le rythme binaire exprime l'affectivité, une émotion qui ne peut être contenue. Le rythme ternaire évoque immanquablement l'équilibre. Le rythme quaternaire ou plus rend compte de la richesse de la vie par ses accumulations.
Enfin la musicalité est très significative :
« De la musique avant toute chose » Paul Verlaine
Longtemps chantée, la poésie a gardé de cette origine une musicalité fondamentale qui transparaît dans les rimes, les sonorités et le rythme.
* Les rimes
Une rime est dite pauvre lorsqu ‘elle ne présente qu’un seul son commun, suffisante pour deux sons et riche au-delà. Elle est qualifiée de féminine lorsque le dernier mot se termine par un « e » muet et de masculine dans les autres cas.
La disposition des rimes joue, elle aussi, un rôle important.
On dit les rimes plates ou suivies lorsque les sons se succèdent deux par deux (aabb), croisées lorsque les rimes s’entrecroisent (abab) et embrassées lorsqu’elles s’encadrent (abba).
* Les effets de sonorités jouent entre les effets sonores des mots et les effets de sens. On parle d’harmonie imitative. On distinguera ainsi l’allitération (répétition consonantique) de l’assonance (répétition vocalique).
Ces procédés sont destinés à créer une impression, un effet de sens et ne sont jamais innocents ou gratuits.
* Le rythme est le résultat des accents et des pauses à l’intérieur du vers et crée des effets divers (régularité, fermeté, équilibre…) en lien avec le sens du poème.
On distinguera un rythme binaire (nombre pair de mesures) d’un rythme ternaire, un rythme croissant (ex : O rage // ô désespoir, // ô vieillesse ennemie Le Cid, Corneille) d’un rythme décroissant.
En général, les accents d’intensité sont mis sur la dernière syllabe d’un groupe grammatical et précèdent directement les pauses. La césure est la pause qui divise un alexandrin en deux hémistiches, elle est souvent accompagnée de pauses secondaires.
Ex : Mouss(e), al/gue chevelu(e)//, anémo/nes, oursins
césure J.M de Heredia
Il existe des entorses au rythme régulier comme l’enjambement – quand la phrase déborde sur le vers
suivant - , le rejet – lorsqu’un groupe de mots court sur le vers suivant – et le contre-rejet – lorsqu’on trouve en fin de vers un groupe de mots du vers suivant.
Dans les poèmes en prose, le rythme est donné par la longueur des phrases, la ponctuation et les constructions syntaxiques.
#26
Posté 02 octobre 2004 - 13:25
RÉPONSE Proposé par : Jean-Luc - cyberpapy
Bien sûr !
En fait il faut revenir à la plus petite unité de démonstration qu'est le paragraphe.
Un paragraphe est l'énoncé d'une idée avec
- ses nuances,
- les exemples qui l'illustrent.
Je vais te montrer comment rédiger un paragraphe :
sujet: la poésie vous parait-elle la forme la plus appropriée pour servir l'engagement d'un écrivain?
...
La poésie n'est pas toujours pour un écrivain le moyen le plus approprié pour faire passer ses idées. Il est vrai qu'il existe d'autres genres littéraires comme le théâtre ou le roman qui peuvent être plus efficaces. Ainsi (qui introduit ton exemple) les contes et romans ont été pour Voltaire de meilleurs moyens pour diffuser sa pensée philosophique qu'un poème comme le "Mondain" ou ses vers sur "le désastre de Lisbonne". En effet (conjoncteur qui assure la démonstration par lien de causalité) la complexité des moyens mis en œuvre dans la création poétique peut rebuter un lecteur qui préfèrera les charmes et la liberté d'un roman d'aventures comme "Candide".
(Et tu passes au paragraphe suivant en utilisant un mot de liaison)
De plus, la poésie a toujours eu la réputation d'être un art réservé à une élite intellectuelle...
Allez, il faut te lancer !
#27
Posté 04 octobre 2004 - 11:00
J'ai un commentaire de cet extrait à faire pour mercredi mais c'est mon premier commentaire, je ne sais pas vraiment comment m'y prendre.
Merci de bien vouloir m'aider (à trouver les axes surtout).
Les axes me posent énormément problème
Acaste
Parbleu! je ne vois pas, lorsque je m' examine,
Où prendre aucun sujet d' avoir l' âme chagrine.
J'ai du bien, je suis jeune, et sors d'une maison
Qui se peut dire noble avec quelque raison;
Et je crois, par le rang que me donne ma race,
Qu'il est fort peu d' emplois dont je ne sois en passe.
Pour le coeur, dont surtout nous devons faire cas,
On sait, sans vanité, que je ne manque pas,
Et l'on m'a vu pousser, dans le monde, une affaire
D'une assez vigoureuse et gaillarde manière.
Pour de l'esprit, j'en ai sans doute, et du bon goût
A juger sans étude et raisonner de tout,
A faire aux nouveautés, dont je suis idolâtre,
Figure de savant sur les bancs du théâtre
Y décider en chef, et faire du fracas
A tous les beaux endroits qui méritent des ahs.
Je suis assez adroit; j'ai bon air, bonne mine,
Les dents belles surtout, et la taille fort fine.
Quant à se mettre bien, je crois, sans me flatter,
Je me vois dans l'estime autant qu'on y puisse être,
Fort aimé du beau sexe, et bien auprès du maître.
Je crois qu' avec cela, mon cher Marquis, je croi
Qu'on peut, par tout pays, être content de soi.
Le Misanthrope, III, 1, vers 781-804
#28
Posté 11 octobre 2004 - 13:58
Voici un suggestion d'etude par Anamorphos (Teikos)
Entrainez vous!
"Je n'ai plus que les os, un squelette je semble, 1
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé, 2
Que le trait de la mort sans pardon a frappé, 3
Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble. 4
Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble, 5
Ne me sauraient guérir, leur métier m'a trompé. 6
Adieu, plaisant Soleil, mon oeil est étoupé, 7
Mon corps s'en va descendre où tout se désassemble. 8
Quel ami me voyant en ce point dépouillé 9
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé, 10
Me consolant au lit et me baisant la face, 11
En essuyant mes yeux par la mort endormis ? 12
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis, 13
Je m'en vais le premier vous préparer la place." 14
J'ai numéroté chaque vers.
- Au vers 1, comment peux-tu expliquer le renvoi du verbe à la fin du vers ? Normalement, l'attribut du sujet est placé après le verbe. On aurait donc "je semble un squelette". Alors,quel effet est produit par ce procédé ? Comme tu le vois, le vers (alexandrin) comporte 2 propositions (sachant qu'une proposition = un ensemble de mots dépendant d'un verbe "noyau") : compte le nombre de syllabes de chaque proposition. Comment sont-elles, dans la typographie (càd dans la présentation du texte, ce qui inclut la ponctuation) séparées? Ce procédé à un nom: lequel?
- Au vers 2: on a affaire à une énumération d'adjectifs. Comment sont-ils formés (préfixe, radical et suffixe) ? Pourquoi ce choix de l'auteur?
- Dans le 3ème vers, comment le poète rend-il compte de la violence de la mort ? 3 expressions clés à relever.
- Quel sentiment inspire la mort à l'auteur (vers 4) ? Relève le verbe et le nom qui font référence à ce sentiment.
- Recherche qui est Apollon et de quel "fils" il est question ici (c'est en fait une allégorie, mais une recherche (ou de solides connaissances en mythologie grecque) est indispensable pour comprendre cette allusion).
- Vers 6: comment au vers 5 et au vers 1, on retrouve le procédé de la césure: il va de soi qu'il faudra l'interpréter dans le commentaire. Propose-nous ton analyse et nous verrons ensemble si elle peut être admise...
- Le vers 7 met vraiment bien en valeur le(s) registre(s) (tonalités) de la strophe. Peux-tu les identifier ? (il y en a 1 en particulier, mais on peut aussi en accepter d'autres).
- V.8: repère un effet musical. En quoi ce vers fait écho au v.2?
- V.9 : on retrouve encore un adjectif construit sur le même modèle que cx du v2. abondance des gps binaires aux vers 10 et 11.
- v.12: encore une référence au regard, qui insiste sur le fait que le poète est d'un aspect (du latin spectare= regarder) tel qu'il ne peut que susciter la pitié.
- v.13: la répétition du mot "adieu", les apostrophes, le jeu sur les pronoms dans la dernière strophe sont intéressants à étudier (il faut toujours porté une attention particulière au dernier vers).
#29
Posté 13 octobre 2004 - 20:29
J'aurais aimé vous poser une tite question :
VOila j'ai un commentaire commposé sur Soleils Couchants de V.Hugo , j'ai deja un ti plan en tete mais alors pour les idées directrices je sais pas du tout quoi mettre ... J'envisage : 1) L'homme
2) Le temps
3) la nature
Voila j'ai beaucoup d'idées mais c'est mon 2 eme commentaire composé de ma vie et je ne sais pas du tout comme les rediger .
Merci de vos reponses .
KoS
#30
Posté 13 octobre 2004 - 21:06
une question : comment fais-tu pour avoir un plan sans idées directrices?
pourrais-tu justifier le titre de tes parties, stp?
Citation
Soleils couchants
J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs,
Soit qu'ils dorent le front des antiques manoirs
Ensevelis dans les feuillages ;
Soit que la brume au loin s'allonge en bancs de feu ;
Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu
A des archipels de nuages.
Oh ! regardez le ciel ! cent nuages mouvants,
Amoncelés là-haut sous le souffle des vents,
Groupent leurs formes inconnues ;
Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair.
Comme si tout à coup quelque géant de l'air
Tirait son glaive dans les nues.
Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ;
Tantôt fait, à l'égal des larges dômes d'or,
Luire le toit d'une chaumière ;
Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ;
Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons,
Comme de grands lacs de lumière.
Puis voilà qu'on croit voir, dans le ciel balayé,
Pendre un grand crocodile au dos large et rayé,
Aux trois rangs de dents acérées ;
Sous son ventre plombé glisse un rayon du soir ;
Cent nuages ardents luisent sous son flanc noir
Comme des écailles dorées.
Puis se dresse un palais. Puis l'air tremble, et tout fuit.
L'édifice effrayant des nuages détruit
S'écroule en ruines pressées ;
Il jonche au loin le ciel, et ses cônes vermeils
Pendent, la pointe en bas, sur nos têtes, pareils
A des montagnes renversées.
Ces nuages de plomb, d'or, de cuivre, de fer,
Où l'ouragan, la trombe, et la foudre, et l'enfer
Dorment avec de sourds murmures,
C'est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds,
Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds
Ses retentissantes armures.
Tout s'en va ! Le soleil, d'en haut précipité,
Comme un globe d'airain qui, rouge, est rejeté
Dans les fournaises remuées,
En tombant sur leurs flots que son choc désunit
Fait en flocons de feu jaillir jusqu'au zénith
L'ardente écume des nuées.
Oh ! contemplez le ciel ! et dès qu'a fui le jour,
En tout temps, en tout lieu, d'un ineffable amour,
Regardez à travers ses voiles ;
Un mystère est au fond de leur grave beauté,
L'hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l'été,
Quand la nuit les brode d'étoiles.
(dixit) Mme Pichard
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