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Bonjour, je doit faire un corpus pour la rentrée dans le sujet est le suivant : A partir de ces 3 extraits romanesques, vous caractériserez le personnage type de la femme fatale. Les trois extraits romanesques sont les suivants :

Prevost, Manon Lescaut

J'avais marqué le temps de mon départ d'Amiens. Hélas ! que ne le marquais-je un jour plus tôt ! j'aurais porté chez mon père toute mon innocence. La veille même de celui que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s'appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d'Arras, et nous le suivîmes jusqu'à l'hôtellerie où ces voitures descendent. Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité. Il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport. J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon cœur. Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens.

Lewis, le Moine

 

— Vous avez entendu ma décision, obéissez. Les lois de notre

ordre interdisent votre séjour ici; ce serait un parjure de cacher

qu’une femme est dans cette enceinte, et mes vœux m’obligent à
révéler votre histoire à la communauté. Il faut partir; je vous
plains, mais je ne puis rien de plus.
Il prononça ces paroles d’une voix faible et tremblante; puis,

se levant de son siège, il allait s’acheminer vers le monastère :

Mathilde poussa un grand cri, et le retint.

— Arrêtez un seul moment, Ambrosio! Écoutez un seul mot!
— Je n’ose pas : laissez-moi; vous connaissez ma détermi-
nation.
— Mais un seul mot! rien qu’un seul, et ce sera fait!
— Laissez-moi; vos prières sont vaines, il faudra partir
demain.
— Allez donc, barbare! mais cette ressource me reste!
Aussitôt elle tira un poignard; elle déchira sa robe et plaça la
pointe de l’arme sur sa poitrine.
— Mon père, je ne sortirai pas vivante de ces murs.
— Arrêtez! arrêtez, Mathilde! Que faites-vous?
— Vous êtes déterminé, et moi aussi. Aussitôt que vous me
quitterez, je me plonge ce poignard dans le cœur.
— Grand saint François! Mathilde, avez-vous votre raison?
Savez-vous les conséquences de votre action? Savez-vous que le
suicide est le plus grand des crimes? que vous perdez votre âme?
que vous renoncez à tout salut? que vous vous préparez des tour-
ments éternels?
— Peu m’importe, peu m’importe, répliqua-t-elle, avec véhé-
mence; ou votre main me guidera au paradis, ou la mienne va me
vouer à l’enfer. Parlez-moi, Ambrosio! Dites-moi que vous
cacherez mon aventure, que je resterai votre ami et votre compa-
gnon, ou ce poignard va boire mon sang.
À ces mots, elle leva le bras et fit le geste de se frapper. Les
yeux du moine suivaient avec terreur les mouvements de son
arme. Son habit entrouvert laissait voir sa poitrine à demi-nue; la
pointe du fer posait sur son sein gauche, et Dieu! quel sein! Les
rayons de la lune, qui l’éclairaient en plein, permettaient au
prieur d’en observer la blancheur éblouissante; son œil se pro-
mena avec une avidité insatiable sur le globe charmant; une sen-
sation jusqu’alors inconnue remplit son cœur d’un mélange
d’anxiété et de volupté; un feu dévorant courut dans tous ses
membres; le sang bouillait dans ses veines, et mille désirs
effrénés emportaient son imagination.
— Arrêtez! cria-t-il d’une voix défaillante, je ne résiste plus!
Restez donc, enchanteresse! Restez pour ma destruction!
— Oui, dit-il, l’infortunée restera; je n’ai rien à craindre de sa

présence : quand même ma propre innocence deviendrait trop

faible pour combattre la tentation, celle de Mathilde me préser-

vera de tout danger.
Ambrosio avait encore à apprendre que, pour un cœur qui
n’en a pas l’expérience, le vice est toujours plus dangereux
lorsqu’il se cache derrière le masque de la vertu..

Merimée, Carmen

J'avais marqué le temps de mon départ d'Amiens. Hélas ! que ne le marquais-je un jour plus tôt ! j'aurais porté chez mon père toute mon innocence. La veille même de celui que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s'appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d'Arras, et nous le suivîmes jusqu'à l'hôtellerie où ces voitures descendent. Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité. Il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport. J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon cœur. Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens.

Voila. Si pouviez me trouvez un plan et quoi mettre dans chaque partie du plan ce serait vraiment géniale :rolleyes:   Merci

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Bonjour,

 

Je comprends donc que tu n'arrives pas à dégager un plan.

Ici, on est sur l'objet d'étude : Le personnage de roman du XVIIe siècle à nos jours

Il faut donc que tu relèves les similitudes et les différences entre ces trois textes. Cela t'aidera à créer ton plan.
Peux-tu les trouver et m'en faire part ? Je t'aiderai (ou d'autres contributeurs).

 

PS : Ton annonce de plan doit faire deux lignes maximum, la partie la plus longue étant celle de la présentation de tes textes.

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