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Bonjour , je suis nouvelle
comment est traitée la parole dans ce corpus ?
Pourquoi pouvons nous dire que nous assistons a la faillite du langage ? en gros.je dois dire quoi dans les partie svp.Je ne comprends pas les questions merci d'avance.

Je sais que ces trop texte de théâtre absurde > texte vide se sont des extraits
Je voudrais savoir comment je peut avoir beaucoup d'éléments pour répondre aux questions posé , je dois chercher quoi ? Dans les textes pour répondre aux questions ? Et comment faire des sous partie ?
Le texte 1 : Samuel Beckett , Oh ! Les beaux Jours de 1963
Le texte 2 : J.genet , Les bonnes de 1947
Le texte 3: Nathalie Saraute , pour un oui pour un non de 1982
Le texte 4: Valere Novarina , l'atelier volant 1972 je ne comprends pas les questions du corpus

merci d'avance

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Voici les textes :

 

Texte 1
Claire et Solange, deux soeurs, sont les bonnes de Madame. En l'absence de leur maîtresse, et jusqu'à la sonnerie du
réveil qui annoncera son proche retour, elles se livrent à un étrange jeu de rôles : Claire joue Madame et Solange joue
Claire. Le passage proposé se situe un peu après le début de la pièce et à ce moment de l'action, le spectateur — à
la différence du lecteur — ne sait pas avec certitude qui sont les personnages, ni quel est leur jeu.
CLAIRE
Par moi, par moi seule, la bonne existe. Par mes cris et par mes gestes. 
SOLANGE
Je vous écoute.
CLAIRE, elle hurle.
C'est grâce à moi que tu es, et que tu me nargues ! Tu ne peux savoir comme il est pénible d'être Madame, Claire, d'être le prétexte de vos simagrées. Il me suffirait de si peu et tu n'existerais plus. Mais je suis bonne, mais je suis belle et je te défie. Mon désespoir d'amante m'embellit encore !
SOLANGE, méprisante.
Votre amant
CLAIRE
Mon malheureux amant sert encore ma noblesse, ma fille. Je grandis davantage pour te réduire et t'exalter. Fais appel à toutes tes
ruses. Il est temps 1
SOLANGE, froidement.
Assez ! Dépêchez-vous. Vous êtes prête ?
CLAIRE
Et toi ?
SOLANGE, doucement d'abord.
Je suis prête, j'en ai assez d'être un objet de dégoût. Moi aussi, je vous hais...
CLAIRE
Doucement, mon petit, doucement...
Elle tape doucement l'épaule de Solange pour l'inciter au calme. SOLANGE
Je vous hais ! Je vous méprise. Vous ne m'intimidez plus. Réveillez le souvenir de votre amant, qu'il vous protège. Je vous hais !
Je hais votre poitrine pleine de souffles embaumés. Votre poitrine... d'ivoire ! Vos cuisses... d'or ! Vos pieds... d'ambre !
(Elle crache sur la robe rouge.) Je vous hais
CLAIRE, suffoquée.
Oh ! oh ! mais...
SOLANGE, marchant sur elle.
Oui Madame, ma belle Madame. Vous croyez que tout vous sera permis jusqu'au bout ? Vous croyez pouvoir dérober la beauté
du ciel et m'en priver ? Choisir vos parfums, vos poudres, vos rouges à ongles, la soie, le velours, la dentelle et m'en priver ? Et
me prendre le laitier ! Sa jeunesse, sa fraîcheur vous troublent, n'est-ce pas ? Avouez le laitier. Car Solange vous emmerde !
CLAIRE, affolée.
Claire 1 Claire
SOLANGE Hein ?
CLAIRE, dans un murmure.
Claire, Solange, Claire.
SOLANGE
Ah 1 oui, Claire. Claire vous emmerde
Jean Genet, Les Bonnes, Gallimard, Folio théâtre, 1947, version définitive.

Texte 2
Acte premier
Étendue d'herbe brûlée s'enflant au centre en petit mamelon. Pentes douces à gauche et à droite et côté avant-scène. Derrière, une chute plus abrupte au niveau de la scène. Maximum de simplicité et de symétrie.
Lumière aveuglante.
Une toile de fond en trompe-l'oeil très pompier représente la fuite et la rencontre au loin d'un ciel sans nuages et d'une plaine dénudée.
Enterrée jusqu'au-dessus de la taille dans le mamelon, au centre précis de celui-ci, Winnie. La cinquantaine, de beaux restes, blonde depréférence, grassouillette, bras et épaules nus, corsage très décolleté, poitrine plantureuse, collier de perles. Elle dort, les bras sur le mamelon, la tête sur les bras. À côté d'elle, à sa gauche, un grand sac noir, genre cabas, et à sa droite une ombrelle à manche rentrant (et rentré) dont on ne voit que la poignée en bec-de-cane.
À sa droite et derrière elle, allongé par terre, endormi, caché par le mamelon, Willie.
Un temps long. Une sonnerie perçante se déclenche, cinq secondes, s'ar rête. Winnie ne bouge pas. Sonnerie plus perçante, trois secondes.
Winnie se réveille. La sonnerie s'arrête. Elle lève la tête, regarde devant elle. Un temps long. Elle se redresse, pose les mains à plat sur lemamelon, rejette la tête en arrière et fixe le zénith. Un temps long.

WINNIE. (Fixant le zénith.) — Encore une journée divine. (Un temps. Elle ramène la tête à la verticale, regarde devant elle. Un temps. Elle jointles mains, les lève devant sa poitrine, ferme les yeux. Une prière inaudible remue ses lèvres, cinq secondes. Les lèvres s'immobilisent, les mains
restent jointes. Bas.) Jésus-Christ Amen. (Les yeux s'ouvrent, les mains se disjoignent, reprennent leur place sur le mamelon. Un temps. Elle jointde nouveau les mains, les lève de nouveau devant sa poitrine. Une arrière-prière inaudible remue de nouveau ses lèvres, trois secondes. Bas.) Siècledes siècles Amen. (Les yeux s'ouvrent, les mains se disjoignent, reprennent leur place sur le mamelon. Un temps.) Commence, Winnie. (Un temps.)
Commence ta journée, Winnie. (Un temps. Elle se tourne vers le sac, farfouille dedans sans le déplacer, en sort une brosse à dents, farfouille de nouveau,sort un tube de dentifrice aplati, revient de face, dévisse le capuchon du tube, dépose le capuchon sur le mamelon, exprime non sans mal un peude pâte sur la brosse, garde le tube dans une main et se brosse les dents de l'autre. Elle se détourne pudiquement, en se renversant en arrière età sa droite, pour cracher derrière le mamelon. Elle a ainsi Willie sous les yeux. Elle crache, puis se renverse un peu plus.) Hou-ou ! (Un temps. Plus fort,)
Hou-ou ! (Un temps. Elle a un tendre sourire tout en revenant de face. Elle dépose la brosse.) Pauvre Willie — (elle examine le tube, fin du sourire) –
plus pour longtemps — (elle cherche le capuchon) — enfin — (elle ramasse le capuchon) — rien à faire — (elle revisse le capuchon) — petit malheur —
(elle dépose le tube) — encore un — (elle se tourne vers le sac) — sans remède (elle farfouille dans le sac) — aucun remède (elle sort une petite glace,
revient de face) hé oui — (elle s'inspecte les dents dans la glace) — pauvre cher Willie — (elle éprouve avec le pouce ses incisives supérieures, voix
indistincte) — bon sang ! — (elle soulève la lèvre supérieure afin d'inspecter les gencives, de même) — bon Dieu (elle rire sur un coin de la
bouche, bouche ouverte, de même) — enfin — (l'autre coin, de même) — pas pis — (elle abandonne l'inspection, voix normale) — pas mieux, pas pis
— (elle dépose la glace) — pas de changement — (elle s'essuie les doigts sur l'herbe) — pas de douleur — (elle cherche la brosse à dents) — presque
pas (elle ramasse la brosse) — ça qui est merveilleux — (elle examine le manche de la brosse) — rien de tel (elle examine le manche, lit) — pure...
quoi — (un temps) — quoi ? — [...1
Samuel Beckett, Oh ! Les beaux jours, Minuit, 1963.

Texte 3
L'extrait se situe quelques répliques après le début de la pièce.
Hl. – Essaie quand même...
H2. – Oh non... je ne veux pas...
H 1. – Pourquoi ? Dis-moi pourquoi ?
H2. – Non, ne me force pas...
Hl. – C'est donc si terrible ?
H2. – Non, pas terrible... ce n'est pas ça...
Hl. – Mais qu'est-ce que c'est, alors ?
H2. – C'est... c'est plutôt que ce n'est rien... ce qui s'appelle rien... ce qu'on appelle ainsi... en parler seulement, évoquer
ça... ça peut vous entraîner... de quoi on aurait l'air ? Personne, du reste... personne ne l'ose... on n'en entend jamais parler...
Hl. – Eh bien, je te demande au nom de tout ce que tu prétends que j'ai été pour toi... au nom de ta mère... de nos parents... je
t'adjure solennellement, tu ne peux plus reculer... Qu'est-ce qu'il y a eu ? Dis-le... tu me dois ça...
H2, piteusement. – Je te dis : ce n'est rien qu'on puisse dire... rien dont il soit permis de parler...
Hl. – Allons, vas-y...
H2. – Eh bien, c'est juste des mots...
Hl. – Des mots ? Entre nous ? Ne me dis pas qu'on a eu des mots... ce n'est pas possible... et je m'en serais souvenu...
H2. – Non, pas des mots comme ça... d'autres mots... pas ceux dont on dit qu'on les a « eus »... Des mots qu'on n'a pas « eus
», justement... On ne sait pas comment ils vous viennent...
Hl. – Lesquels ? Quels mots ? Tu me fais languir... tu me taquines...
H2. – Mais non, je ne te taquine pas... Mais si je te les dis...
Hl. – Alors ? Qu'est-ce qui se passera ? Tu me dis que ce n'est rien... H2. – Mais, justement, ce n'est rien... Et c'est à cause de ce
rien... Hl. –Ah on y arrive... C'est à cause de ce rien que tu t'es éloigné ?
Que tu as voulu rompre avec moi ?
Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non, Gallimard, 1982.

Texte 4
Dans un atelier, C., un employé furieux, vient de monter à la tribune pour tenter d'expliquer ses récriminations à son patron Boucot.
BOUCOT. – Rien compris, désolé !
Vous avez un défaut de prononciation ?
C. – Pas ça, Bouque... J'sais dire, mais j'ai pas tellement de vocabulaire.
BOUCOT. – On peut vous aider. Quels sont les termes qui vous manquent ?
C. – Eh bien, quand c'est pour ainsi dire ma peau que je vous vends, ça s'appelle comment ?
BOUCOT. – Recruting.
C. – Recruting, bon. Et quand je te redonne mon argent pour essayer de me récupérer les objets que j'ai fabriqués ?
BOUCOT. – Marketing.
C. – Et quand tu nous fais augmenter le rythme ?
BOUCOT. – Vitaliting !
C. – Et quand tu nous déposes ici et là, alors que moi je voulais aller là et ici ?
BOUCOT. – Holding, planning.
C. – Et si je tombe, à force ?
BOUCOT. – Jumping.
C. – Et quand tu te remplis les poches ?
BOUCOT. – Prospériting.
C. – Et quand les miennes se vident ?
BOUCOT. – Conjoncturing, concurrencing, impondérability Allez-y maintenant que vous savez la langue
C. – Une seconde, monsieur Boucot.
BOUCOT. – Qu'est-ce qui ne va pas ?
C. – C'est mon parling. Je ne comprends plus rien à rien. Qu'est-ce que ça voulait dire déjà ? Ça voulait dire qui ? Monsieur
Bouque, est-ce qu'on peut prendre votre vocabulaire sans vos opinions ?
Valère Novarina, L'Atelier volant (pièce écrite en 1972), POL, 1989

Les questions comment est traitée la parole dans ce corpus ?

Pourquoi pouvons parler de la faillite du langage ?

Je ne comprends pas , je sais pas quoi mettre des les parties 

J'arrive mm pas a faire des sous partie 

 

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Pour commencer à te répondre

La parole, dans ces extraits est complètement dissociée de la pensée , elle "tourne" toute seule, à vide, ne sert plus à communiquer (ce qui est la fonction principale du langage -qui est donc en faillite). la parole est réduite à une émission de sons ( comme dans le franglais de Novarinova), elle dit le contraire de la pensée (Les bonnes). 

Tu as d'autres idées ou exemples ? 

 

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La parole est en crise. Le langage est incomplet, les mots maladroits, hésitants, à double sens, incompris parfois de l'interlocuteur et même du spectateur.
Le théâtre de l'absurde pose le problème du langage qui reste fait de mots, de phrases mais qui ne sert plus vraiment la communication. Perte de sens. Voilà mais comment je peut dire cela

mais je sais pas comment faire des sous partie 

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Pour les sous-parties , tu reprends chaque extrait et tu exprimes en quoi le langage est un signe de perte de communication .Et tu notes les extraits qui peuvent servir d'exemple . 

On en reparle ? 

 

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Tu peux aussi faire- une partie concernant la forme du dialogue ,ou monologue de ces extraits du théâtre absurde . 

-répétitions, anglicismes, borborygmes (Winnie , dans Ô les Beaux jours) multiplication des didascalies, puisque les répliques des personnages sont vides de signification.

                                 -  une partie sur le comique engendré par les répliques (les spectateurs rient ) car elles sont mécaniques ("le comique naît d'un aspect mécanique plaqué sur du vivant", disait Bergson, dans "Le rire" : dans un autre registre , c'est ce que Chaplin démontre par le comique de gestes dans ses films muets )

                                -une partie sur le tragique engendré par cet hiatus entre la pensée et le langage ; le langage , en le nommant , crée le réel ; si le langage est en faillite , le réel n'existe plus (cfr. Beckett : les personnages sont englués dans un tas de terre , privés d'une partie de leur corps et de leur cerveau , Winnie est même privé de langage ). Les sentiments s'effritent , le couple s'accroche à des détails linguistiques pour masquer le vide de sa relation (Pour un oui pour un non ) et le fait de  se quereller est un simulacre de connivence , un aveuglement sur la réalité . 

  Dans "Les Bonnes", l'inadéquation sociale entre les personnages (maître/valets), le langage obligatoirement hypocrite des servantes vis-à-vis de leur maîtresse , va mener au drame , à l'assassinat (l'histoire est réelle : il s'agit des soeurs Papin , fait divers qui a inspiré Jean Genêt )

Bon travail , bonne chance . 

 

 

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C'est Willie qui est privé de langage  dans la pièce de Beckett, et répond par des sons à Winnie : sorry . 

Hiatus = manque de lien (emploi imagé que tu peux remplacer par "manque de lien, de cohérence entre le fond et la forme du langage )

Détails linguistiques =jeu sur le "rien", "personne", "parler", "évoquer" .H1 et H2 ne s'entendent plus et tout devient prétexte à régler ses comptes . Répétitions, communication qui devient pathologique, où les interlocuteurs étalent des contenus  verbaux  qui occultent le véritable sujet ,( l'amour, l'affection, leur relation qui n'existent  plus entre eux), dans la pièce de Sarraute .Tout propos, même anodin, devient suspect pour l'autre qui le ressent comme dépréciatif , et  tous les épisodes de leur vie passée vont ressurgir, remuant le couteau dans la plaie .

Dans "Les Bonnes" , le langage permet le jeu de rôle des deux soeurs,Claire jouant le rôle de  Madame et Solange jouant le rôle de sa soeur Claire , permet d'inventer des situations blessantes dans un jeu-rituel quasi sadomasochiste qui annihile le réel humiliant des deux bonnes . 

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