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Girodo45

Bel Ami, commentaire linéaire

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Bonjour,

 

Voilà, j'ai un commentaire de texte à faire pour ce mardi, mais j'ai du mal à commenter la forme. Le passage est assez long, la prose ne pose pas vraiment de difficulté, mais je ne me sens pas emporté par le texte. Pourriez vous m'écairer sur ses enjeux, ce qu'il y a d'important?

Voici l'extrait et mon travail.

Tout à coup il s’aperçut qu’elle tenait à la main sa tasse vide ; et, comme elle se trouvait loin d’une table, elle ne savait la poser. Il s’élança.

Permettez, madame.

Merci, monsieur.

Il emporta la tasse, puis il revint : Si vous saviez, madame, quels bons moments m’a fait passer La Vie Française quand j’étais -bas dans le désert. C’est vraiment le seul journal qu’on puisse lire hors de France, parce qu’il est plus littéraire, plus spirituel et moins monotone que tous les autres. On trouve de tout dedans.

Elle sourit avec une indifférence aimable, et répondit gravement :

M. Walter a eu bien du mal pour créer ce type de journal, qui répondait à un besoin nouveau.

Et ils se mirent à causer. Il avait la parole facile et banale, du charme dans la voix, beaucoup de grâce dans le regard et une séduction irrésistible dans la moustache. Elle s’ébouriffait sur sa lèvre, crépue, frisée, jolie, d’un blond teinté de roux avec une nuance plus pâle dans les poils hérissés des bouts.

Ils parlèrent de Paris, des environs, des bords de la Seine, des villes d’eaux, des plaisirs de l’été, de toutes les choses courantes sur lesquelles on peut discourir indéfiniment sans se fatiguer l'esprit.

Puis, comme M. Norbert de Varenne s'approchait, un verre de liqueur à la main, Duroy s'éloigna par discrétion.
Mme de Marelle, qui venait de causer avec Mme Forestier, l'appela :
— Eh bien ! monsieur, lui dit-elle brusquement, vous voulez donc tâter du journalisme ?
Alors il parla de ses projets, en termes vagues, puis recommença avec elle la conversation qu'il venait d'avoir avec Mme Walter ; mais, comme il possédait mieux son sujet, il s'y montra supérieur, répétant comme de lui des choses qu'il venait d'entendre. Et sans cesse il regardait dans les yeux de sa voisine, comme pour donner à ce qu'il disait un sens profond.
Elle lui raconta à son tour des anecdotes, avec un entrain facile de femme qui se sait spirituelle et qui veut toujours être drôle ; et, devenant familière, elle posait la main sur son bras, baissait la voix pour dire des riens, qui prenaient ainsi un caractère d'intimité. Il s'exaltait intérieurement à frôler cette jeune femme qui s'occupait de lui. Il aurait voulu tout de suite se dévouer pour elle, la défendre, montrer ce qu'il valait ; et les retards qu'il mettait à lui répondre indiquaient la préoccupation de sa pensée.
Mais tout à coup, sans raison, Mme de Marelle appela : « Laurine » ! et la petite fille s'en vint.
— Assieds-toi là, mon enfant : tu aurais froid près de la fenêtre.
Et Duroy fut pris d'une envie folle d'embrasser la fillette, comme si quelque chose de ce baiser eût dû retourner à la mère.
Il demanda d'un ton galant et paternel :
— Voulez-vous me permettre de vous embrasser mademoiselle ?
L'enfant leva les yeux sur lui d'un air surpris. Mme de Marelle dit en riant :
— Réponds : « Je veux bien, monsieur, pour aujourd'hui ; mais ce ne sera pas toujours comme ça. »
Duroy, s'asseyant aussitôt, prit sur son genou Laurine, puis effleura des lèvres les cheveux ondés et fins de son front.
La mère s'étonna :
— Tiens, elle ne s'est pas sauvée : c'est stupéfiant. Elle ne se laisse d'ordinaire embrasser que par les femmes. Vous êtes irrésistible, M. Duroy.
Il rougit, sans répondre, et d'un mouvement léger il balançait la petite fille sur sa jambe.
Mme Forestier s'approcha et, poussant un cri d'étonnement: "Tiens, voilà Laurine apprivoisée, quel miracle!"
 
 
Contexte =
Georges a rencontré Forestier par hasard lors d'une promenade en ville, lui a raconté ses difficultés, situation précaire. Forestier lui propose de rentrer dans le journalisme, lui dit de venir dîner le lendemain afin que G. D rencontre M. Walter, celui qui dirige La Vie française (journal). Scène de dîner. Mme Forestier suggère à Gerges de faire la cour à Mme Walter.
L'important dans la scène, il me semble = le rapport de G. D avec les femmes. G. D séducteur. Dans la scène on compte 4 femmes, toutes plus ou moins séduites. Valse avec les femmes. Passe de l'une à l'autre. Diverses tentatives de séduction. Teste la valeur de son charme sur chacune des femmes en présence.
 
Ce qui me surprend à première lecture (peut- êttre faux, ou anecdotique mais...), récit de conversations, le narrateur prend en charge non pas le contenu des conversations, mais plutôt la manière dont les personnages se comportent... (terme vague, je ne parviens pas vraiment à expliquer).
 
Au niveau de la forme:
- Première partie, verbes de mouvement au passé simple (s'élança, emporta,  revint) montrent l'effort déployé par le personnage pour séduire Mme Walter (peut- être une gradation dans l'extrait, ne déploie plus autant d'effort au fur et à mesure de extrait, la petite fille immédiatement séduite à la fin).
Loue le journal, comparaison méliorative au profit de La Vie française. (le seul, le plus, le moins, journal qui fait exception); adverbes censés montrer l'admiration de Geroges (vriament, le seul journal...). Néanmoins, il me semble qu'on peut y voit un manque dinstruction de Georges (contexte, ancien soldat, pas d'aspirations littéraires, a du mal à écrire et même à rédiger des articles). Manque d'instruction car profère des banalités, mots vagues, peu précis (plus littéraire, spirituel pour parler du journal, monotone = je ne sais pas comment l'exprimer mais pour moi ces mots m'apparaissent comme flottants), de même "on trouve de tout là- dedans", impression de familiarité.
D'ailleurs, compliments qui ne semblent pas toucher Mme Walter, parle d'indifférence aimable.
Passage plus descriptif, séduction du personnage. On ne mentionne pas ces propos, mais plutôt sa façon de les proférer. Qch que j'ai du mal à interpréter c'est la description de sa moustache, pourquoi le narrateur éprouve le besoin de faire un tele "zoom"?
 
On pourrait peut- être voir des structures qui se répètent. Georges passe de Mme Walter à Mme de Marelle. "Et ils se mirent à causer" (Mme Walter) / "Alors il parla de ses projets" (Mme de Marelle). Mais avec Mme de Marelle, plus d'expérience, s'est nourri de la parole et de l'expérience de l'autre femme pour enrichir sa présentation. Légère modification quand il s'adresse à une nouvelle femme, apprend de ses erreurs, acquisition de savoirs.
 
Après j'ai eu du mal à commenter le reste.
Je sens qu'il y a quelque chose à saisir dans cet extrait.
 
Merci d'avance pour votre aide.
 

 

 

 

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Mots "flottants" : GD  découvre une société où règnent le paraître , la frivolité et dans laquelle la femme n'est qu'un moyen d'ascension sociale . Sa séduction est ici plus comportementale que verbale .Le narrateur , qui sait tout de ses personnages , comme un deus ex - machina, permet au lecteur de se rendre compte de la comédie sociale, de la stratégie orchestrée : séduire la fillette pour séduire la mère , Clothilde de Marelle . 

La moustache : évoque son attrait de sous-officier, de bel homme qui a réussi :" Sa moustache semblait irritée sur sa lèvre. On le trouvait fort beau garçon." 

La moustache est un signe de conquête , signe de fougue et appétit de l'instinct. Les femmes qui gravitent autour de B.A. ne s'y trompent pas : Rachel "levant ses yeux séduits vers la moustache du jeune homme" . La moustache de GD est son arme pour conquérir Madeleine : il promène "doucement, en une caresse énervante et prolongée, sa moustache frisée sur la chair blanche ". Cette même moustache va attirer magnifiquement Mme Walter  qui, dans l'église de la Trinité , "se sent prise comme une bête dans un filet, liée (...) rien que par le poil de sa lèvre et par la couleur de ses yeux ". 

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